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Et comme si Dieu avait saigné ...- un poème d'Aina Loane Castor

  • Photo du rédacteur: Cretté Alexandra
    Cretté Alexandra
  • il y a 2 jours
  • 1 min de lecture


Au commencement

Il n’y eut pas la lumière

Mais une faille ouverte

Comme si Dieu avait saigné entre deux

silences


Et des Hommes s’y sont glissés.


Ils ont nommé cela « nouveau »

Comme si en récitant une prière

Le sang pouvait se convertir en vérité


Alors le ciel s’est retourné

Et dans son souffle :

Des Psaumes de fer,


Des Évangiles écrits à la cendres


Ils disent créer en détruisant

Ils prônent le divin en effaçant les visages

Et leurs mains traçaient des croix


Sur le monde mourant


Les horizons se sont mis à fuir

Tel des anges déchus

Si dur est le tombeau


Si lasse la carte du Paradis


Et quelque part

Derrière le nom du Diable

Des lunes crevaient de faim

Une blessure surgit

Les corps demeurent sans refuge

Palimpsestes de douleur et d’oubli

Et sur le poids des caravelles


La mémoire s’agenouille


La création se replie sur elle-même

Comme si le monde avait été écrit

Du mauvais côté du commencement.




 
 
 

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