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  • Photo du rédacteurCretté Alexandra

Yemma - un poème de Widjmy StVil

Dernière mise à jour : 22 août 2023

Je regarde l’horizon qui caresse les courbes de la terre. Le soleil chante des sérénades sous les nuages. Assis sur ce gros rocher, qui donne vue sur la mer de Cayenne. Soudain, le vent emporte mes pensées vers toi, mama. J’utilise ce clavier tout cassé sur lequel je détale mes émotions, sur ce plateau de verre qui me sert de portable. Tu m’as toujours appris à marcher droit, mais comment faire quand la vie me force à prendre un détour? Tu m’as toujours appris à relever la tête quand j’avais raison, mais là dans ce territoire dit "terre d’accueil", on me force à respecter les gens et j’ai fini par les craindre. Des fois, je doute de moi et je veux revenir sous ta jupe, car pour moi, c’est là que se trouve mon paradis. Je combats un ennemi invisible sans y êtes préparé. Je ne suis pas passé à l’ennemi. Mais sous la gorge, j’ai un couteau.

C’est quelque chose de fou de voir le vrai visage des gens, quand tu es en galère. J’ai toujours été seul. Je suis né seul. Grandit seul. Fils unique de ma mère. Pourquoi maintenant tentè-je de compter sur les gens? Chez moi, j’étais un caméléon à deux faces. Trop riche pour être dans la cité et trop pauvre pour être dans cette école catholique. Pourtant, je savais qui j'étais et je ne m'étais pas perdu.

Mais ici, je me demande: qui suis-je? Widjmy, qui est venu rejoindre ce père qu’il n’avait jamais connu jusqu’à maintenant. Ou Widjmy, un simple immigré parmi tant d’autres qui cherche à s’en sortir sans avoir à faire des bails sales. Cette réflexion m’a poussé à changer de voie comme un trans. Désormais, je crache ma rage dans la poésie et déverse mes larmes sous la pluie. Je fais la sourde d’oreille, je n'écoute pas les "on m’a dit" et je méprise les "soit disant". Je respecte toujours les ainés, mais loin de moi les haineux.

Ton poussin essaye de devenir l’homme que tu voyais en lui. Maintenant que la vie commence à me sourire, je refuse de céder ma place. Comme Rosa Parks. Je trace ma route à toute allure. Personne ne va m’arrêter, sauf la mort ou toi, qui m’avait allaité.





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