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  • Photo du rédacteurCretté Alexandra

Un rêve de plaisir- une nouvelle par James-Son Derisier


"Amor dulce ! Ayayay ! Papito, màs fuerte !", chante-t-elle à chaque instant pendant ce moment magique. Et elle fredonne ses alsiyis en espagnol, elle qui ne parle pas un mot d'espagnol. Il existe ce genre de femmes qui expriment merveilleusement bien par des mots ou des murmures la sensation de leur corps. Comme cela me fait du bien de me rappeler de cet instant de douceur qui fait déborder de joie mon cœur. Tout mon être est envahi d’un plaisir sans pareil à ce souvenir. Ce moment intense peut me faire sortir d’un cauchemar. J'ai cru pour un instant que le plaisir était une douce mélodie se fredonnant à deux. Il serait égoïste de rester coincé dans un éternel chant solitaire. De mon côté, j’aime chanter dans les chorales : ça y sonne à la perfection. Une mélodie à deux sur un lit, quel que soit le ton des voix ou les types de chanteurs, c’est un début raisonnable pour visiter les cieux.


*


Ce samedi de folie, cette sublime Tristina était venue pour que je la prenne en photo. Devant moi, on aurait dit un grand mannequin qui défilait. J'étais assis sur le banc à côté de chez-moi. La façon dont elle m'a adressé la parole aurait pu faire croire à n’importe qui que j'étais son ami intime. Tout en souriant elle m'a touché la joue et m'a demandé de lui rendre ce service. J’ai trouvé cela précieux. Une perle comme celle-là, qui me demandait un service comme celui-ci. Avec beaucoup de plaisir je lui ai accordé. Je suis allé chercher mon appareil photo. Je pensais qu'elle allait partir tout de suite après les quelques prises, mais non. Elle restait là, à me parler de choses que je n’avais pas particulièrement envie d'entendre.

Étant donnée son apparence de sublime déesse, je lui ai finalement accordé toute mon attention. En moi même, je commençais déjà à savourer ses lèvres de chocolat au lait. Sa manière d'entre-ouvrir sa bouche me faisait perdre le contrôle par brefs moments. J'étais obligé de serrer mes jambes : je me mettais à bander dans mon pantalon.

Je pense qu'elle l'avait bien remarqué, mais elle préférait me raconter ses histoires interminables avec sa copine d'enfance, qui vit actuellement au Canada.

Pour moi la vie est un précieux cadeau qu’il faut savourer sans penser aux aléas. Je prends toujours beaucoup de plaisir et j’apprécie chaque goutte d’espoir.

Le sexe, c’est pareil. C’est un plaisir que chaque personne devrait savourer. C’est tellement bon. Parfois je dors et je baise dans mon sommeil. Je rêve souvent de moments inoubliables. Je me moque des codes, de la bonne conduite, bla bla bla. Je suis à la lettre cette belle phrase de mon oncle Justin qui dit toujours que « La vie ne servirait à rien sans les femmes, l’amour, et le plaisir du sexe ».

Dans ma famille, Justin porte le surnom d’Ivrogne Désespéré. Il boit sans arrêt, on dirait que c’est pour lui une nourriture si délicieuse qu’il ne peut s’en passer une minute. Hélas, son cas est triste... Moi je l’appelle « Ka pèdi », comme quelqu’un qui n’a plus rien dans son bagage. Mais parfois, il raconte de bonnes choses.

Quand il est ivre il devient un grand gentleman qui n’a de cesse de charmer toutes les belles gonzesses avec ses mots doux, ça me plaît bien. J’aime entendre ses phrases. De la tendresse dans sa voix, des paroles bien tournées, c’est tout ce que les femmes aimaient entendre, avant. Ma mère me compare souvent avec lui dans ce sens.

Mais ça n’est pas grave, tant que c’est pour partager de l’amour avec les femmes, ça me va. Même si moi, je ne bois pas une seule goutte d’alcool.

Je reviens à Tristina et à son défilé pour moi tout seul.

En discutant avec elle, j’en profitais pour l’admirer. Ah oui, elle m'a aussi parlé d'Amour ! C'était la partie la plus intéressante de notre conversation, je dois le reconnaître. Elle m'a déclaré que pour elle le seul vrai amour qu'une femme puisse avoir est celui d’un mec très tendre. Et elle me regardait. J'étais de plus en plus confus. Je commençais à me poser des tas de questions. Cherchait-elle à me séduire, ou me parlait-t-elle de quelqu’un d’autre ?

Mais ce qui a le plus attiré mon attention c'était sa façon de me regarder quand elle se mettait à me raconter son histoire. Mon cœur tremblait et je priais (d’une façon bien profane, certes) pour que Dieu m'accorde l'opportunité de tenir cette perle rare dans mes bras. J’étais prêt à me consacrer à elle uniquement. Elle, la femme de mes rêves.

On était assis côte à côte et soudain, une jeune demoiselle l'appelle, à la fenêtre : "Tristina, c'est tatie au téléphone, elle veut te parler". L’appel la dérangea. Elle fit une moue. Mais elle était obligée d’y répondre et me dit qu'elle serait de retour un peu plus tard.

C’est là que j’ai commencé à réfléchir. Je ne l'avais jamais rencontrée auparavant. Était -ce possible ? Étais-je dans un rêve ? J'ai touché mon visage. Pincé mon nez. Mais non, j’étais vraiment dans la réalité. Était-elle alors un esprit des morts, un Zombie ?

Seul, j'ai continué à me faire de mauvaises idées. Elle me semblait trop belle pour être humaine, pour être réelle. Mais cette jeune demoiselle qui venait de l’appeler, je la connaissais très bien, elle. La fille de ma voisine. Anna. Même si elle sortait rarement de chez-elle, je la connaissais quand même. Elle me faisait toujours un petit sourire lorsqu'elle m’apercevait au coin de la rue ou sur mon banc. J'ai commencé à me calmer, petit à petit.

Tristina ressemble un peu à la tante d’Anna qui a quitté ma zone de résidence il y a deux ans de cela pour aller vivre dans son petit paradis glacé de Saint-Pierre et Miquelon. La tanteJanette était la meilleure copine de ma mère. Elle lui racontait toujours ses histoires. Elle disait qu'un charmant homme l'attendait là-bas, dans les glaces, pour lui donner son bonheur. Elle était follement amoureuse de lui,l’avait rencontré en ligne, lors d’une conférence. Elle racontait partout qu’elle participait à des conférences de chimie et se présentait comme une sorte de génie, de surdouée. Elle disait encore à ma mère que son paradis c'était d'être à côté de cet homme qui allait lui faire découvrir un nouveau monde blanc et froid.

Elle lui avouait aussi, lorsqu’elle avait bu un peu, que cet homme avait une bite de vingt-deux centimètres. Peut-être qu'elle mentait. Je pense qu’elle mentait, car j’ai du mal à croire qu'un autre homme puisse avoir un plus gros matériel que le mien.  Mais bon, puisqu'elle l’a dit et que je ne peux pas prouver le contraire...

De plus, elle ne m’a jamais parlé de ça à moi. Je me cachais derrière la porte pour écouter leur conversation.  Ma mère aimait trop écouter ses histoires. Je ne pensais pas qu'une femme savante, une chimiste, puisse aimer autant faire l'amour. Le plus souvent on dit que les intellos ne pensent qu’à leurs travaux, uniquement.  Certes, elle devait être compétente dans son domaine, mais à l’écouter, le sexe était vraiment son affaire.

Je la trouvais belle, à sa manière, cette Janette.

Mais moi, malgré son âge, parfois j'avais envie de caresser ses fesses, de lui lécher tout le corps, de la baiser durement comme mon prof de maths en avait l'habitude de le faire avec toutes les belles nanas de mon lycée. C’était impossible, elle ne me laisserait jamais faire ça.  Elle m’appelait toujours son enfant. Parfois je m'énervais lorsqu'elle me traitait comme un gamin. Une fois, je m’imaginais sur son ventre en train de lui faire monter le ciel par le dos. Elle aurait chanté cette belle mélodie que les hommes aiment entendre en faisant l'amour. Elle faisait des alsiyis, des ayayay. Elle devait bien lécher la bite. J’imaginais un piwili au goût de sirop miel, qu'elle était en train de savourer avec sa langue sucrée. Elle prenait ma main pour frapper sur ses fesses. Elle m’apprenait ainsi à taper sur les fesses des femmes. Je laissais mes cinq doigts sur ses fesses. Elle semblait contente et affirmait que c'est comme ça que tout vrai gentleman devrait marquer son territoire. Je touchais son clitoris pour lui donner plus de plaisir. Oh mon Dieu, comme elle bougeait son bassin ! On aurait dit le moteur du petit delco de mon père mais à 10 000 à l'heure...

C’est là que j'ai senti un gros coup dans mon dos.

Ma mère me réveillait en disant" Espèce de malade, cochon ! Tu déconnes ou quoi ? A ton âge ! ". Et de me couvrir d’injures.

Oh mon Dieu, je venais de salir mon lit avec du sperme pendant ma sieste !

J’étais vraiment tombé dans le sommeil. J'avais couché avec ma voisine dans un rêve. Un rêve bruyant, en plus. Ma mère me hurlait dessus et tous les voisins rigolaient de mes alsiyis...

Je suis sortis pour attendre dehors.

Heureusement, quelques minutes plus tard, Tristina est revenue de son coup de fil en défilant. Je lui ai posé quelques questions. C’est là qu’elle m’a avoué qu’en fait nous nous connaissions depuis l’enfance mais que je n’avais pas l’air de me souvenir d’elle. En cherchant bien, je finis par me rappeler de sa figure quand nous étions petits. Nous aimions bien jouer et courir ensemble. C’était elle, la sœur d'Anna qui était partie pour Singapour à un moment.

L’émotion du souvenir me l’a faite serrer dans mes bras. Je pensais qu'elle allait me considérer juste comme un ami et me rendre une simple accolade. Mais non, elle voulait plus. Elle me fit sentir ce qu’elle voulait. Elle finit même par me le dire. Elle voulait goûter mon sirop. Elle voulait avoir mes cinq doigts sur ses fesses comme sa tatie. On n’était pas loin de la plage, on se promenait comme innocemment. Mais l'objectif fixé était bien là. Je mourais d’envie de trouver un coin pour la mettre tout près de Dieu au paradis. Je regardais les sables de cette belle plage qui m'avait tant marqué. Il y a deux ans de cela, j'y avais rencontré mon ex qui était charmante, mais pas comme Tristina.

Tristina ne pouvait être comparée à personne.

Elle me poussa à terre et plongea sur moi. Elle caressa mon visage et mit sa langue entre mes lèvres. Je caressais son corps. Elle ne portait pas de culotte, ce qui me choqua un peu. Elle bougeait son bassin comme sa tante. Lorsqu'elle toucha ma bite, elle parut un peu surprise. Elle ne pensait pas que j'avais un appareil aussi grand. Personne n’aurait pu résister. Rapidement, je commençai à perdre le contrôle de mon corps. J'ai joui tout d’un coup et, dans un sexe aussi appétissant que le sien, je ne pus m'empêcher de crier : " Ayyyysss mamamia ! Dulce, mi amor !".

Et je reçus un violent coup sur la tête.

Hélas ! C'était une fois de plus ma mère qui venait me crier dessus pour me couvrir d’injures et de honte ! Cette fois-ci je n’étais pas dans mon lit, mais bien sur la petite place au devant de ma maison. J'avais pris sommeil à l’ombre de l’arbre et offert un étrange concert à tout le voisinage, qui goguenard, faisait public à toutes les fenêtres !


*


Mais, ce que personne ne su jamais, sous les injures qui pleuvaient sur moi comme sur pierre de misère, c’est que cette amie d’enfance, la belle Tristana, je l’avais bien connue. Réellement. Mais elle était décédée depuis plus de dix ans à présent.

Franchement, je suis devenu à partir de cette histoire dans le quartier celui qui couche avec toutes les femmes, mais dans ses rêves uniquement !

Et cette fois-ci, avec cette belle amie disparue, ce fut dans mes rêves, sous les rires de tous, entre l’amour, le sexe et la mort.




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