Rien d'autre- un poème de Jonas Charlecin
- Cretté Alexandra

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L’homme, rien d’autre qu’une paille
La moindre brise l’emporte au rivage.
L’homme, rien d’autre que poussière
La moindre pluie le fait fange.
L’homme, rien d’autre que la rosée
Au moindre rayon d'UV, il est archivé.
L’homme, rien d’autre qu’une salive
Au moindre avalement, il n’a plus d’avenir.
L’homme, rien d’autre qu’une bougie
Au moindre souffle, le voilà éteint.
Pris d’une pulsion meurtrière débordante,
L’homme se sent pousser des griffes
Arrache à coups de mitraillettes l’enfant de la pauvre femme
Et laisse dans ses yeux un déluge de larmes gluantes.
L’homme veut se montrer tout-puissant lorsqu’il ordonne
De faire sauter des crânes de femmes enceintes, d' infirmes, de vieillards.
L’ineffable malheur s’abat sur Kenskoff,
Il a aussi ses hommes de poigne dans le Golfe.
Le feu se répand dans l’Est du Congo,
Des tempêtes de drones ravagent Kiev.
Mourir massacré ou mourir décédé.
Quelle est la part du diable où s’arrête l’inspiration divine ?
Des morts mille fois massacrantes.
Intensément meurtrières.
Qui assourdissent le simple fait de trépasser.
L’homme se sent surhumain lorsqu’il rabaisse l’étranger,
Pourtant, l’homme n’est rien d’autre qu’un mal de ventre,
Rien d’autre qu’une diarrhée.
Tendez-lui une dernière fois la main avant qu’il ne s’écroule,
Celui qui bombait le torse et les pays...
L’homme.
Une épitaphe.
Un sac jeté au caniveau.
Rien d’autre.





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