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Rien d'autre- un poème de Jonas Charlecin

  • Photo du rédacteur: Cretté Alexandra
    Cretté Alexandra
  • il y a 11 minutes
  • 1 min de lecture

L’homme, rien d’autre qu’une paille

La moindre brise l’emporte au rivage.

L’homme, rien d’autre que poussière

La moindre pluie le fait fange.

L’homme, rien d’autre que la rosée

Au moindre rayon d'UV, il est archivé.

L’homme, rien d’autre qu’une salive

Au moindre avalement, il n’a plus d’avenir.

L’homme, rien d’autre qu’une bougie

Au moindre souffle, le voilà éteint.

​Pris d’une pulsion meurtrière débordante,

L’homme se sent pousser des griffes

Arrache à coups de mitraillettes l’enfant de la pauvre femme

Et laisse dans ses yeux un déluge de larmes gluantes.

​L’homme veut se montrer tout-puissant lorsqu’il ordonne

De faire sauter des crânes de femmes enceintes, d' infirmes, de vieillards.

L’ineffable malheur s’abat sur Kenskoff,

Il a aussi ses hommes de poigne dans le Golfe.

Le feu se répand dans l’Est du Congo,

Des tempêtes de drones ravagent Kiev.

​Mourir massacré ou mourir décédé.

Quelle est la part du diable où s’arrête l’inspiration divine ?

​Des morts mille fois massacrantes.

Intensément meurtrières.

Qui assourdissent le simple fait de trépasser.

​L’homme se sent surhumain lorsqu’il rabaisse l’étranger,

Pourtant, l’homme n’est rien d’autre qu’un mal de ventre,

Rien d’autre qu’une diarrhée.

​Tendez-lui une dernière fois la main avant qu’il ne s’écroule,

Celui qui bombait le torse et les pays...

​L’homme.

Une épitaphe.

Un sac jeté au caniveau.

Rien d’autre.




 
 
 

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