Poème silencieux et grand bruit- un poème d'Abraham Ostin
- Cretté Alexandra

- 4 août
- 1 min de lecture
Pour déjouer le piège de l'injustice
Pour nous les travailleurs , les chômeurs ,
Les chercheurs de rosée et renifleurs d'aube ;
Ceux qui dansent la galère ,
Les menottes sont faites pour incarcérer nos rêves trop vieux et trop bons,
Trop minuscules et trop grands
La prison est un poids lourd
Fait de blessures de grillages de fer
De conspirations pour fourmiller les barreaux
De serrures noires des lois et d'armes à feu
Pour fusiller le destin en un bout de papier
Où toutes lettres se font piéger
Comme l'immensité d'un océan qu'une encre ne peut peindre
En un rien de ratures .
La prison est une mer sauvage
Mouvante de puanteurs d'injustice
Écumante d'excréments et d'urines
Pour saluer les quatre murs
Invisibles des martyrs d'archipel
Nous les prisonniers
Dont les peines sont tissées d'îles en collier de sauvetages
Noires comme le pinceau du deuil et de l'amertume
Nous buvons raz-de-marées
Corbillards
Et vastes cimetières .
Hééé!





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