Pleurer- un poème d'Aminata Sen
- Cretté Alexandra

- il y a 3 heures
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Chez l'ophtalmologiste, mon ordonnance
indique « Collyre rafraîchissant ».
« Les glandes lacrymales s'assèchent », selon le médecin.
J'imagine mes yeux telles les citernes
de ma ville, en quête de pluies bienfaisantes
afin que les canaux transportent tout ce qui doit s'écouler.
Endurci par les aléas du temps et
un apprentissage inflexible, l'œil cherche désormais
des raisons de se détendre, de s'humidifier.
Rien ne fonctionne. Enfin, presque rien !
La tristesse, la misère, le chagrin, les récits d'atrocités,
les crimes, les injustices - perçues, imaginées, réelles ;
Rien ne fait fondre le cœur endurci,
conséquence du vieillissement dans un monde partisan.
À part peut-être un geste attentionné, accompagné
d'un « Ça va ? » dit doucement.
Quelque chose d'aussi simple. D'aussi rare.
Les yeux cèdent. Parce que la gentillesse fait mal.





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