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  • Photo du rédacteurCretté Alexandra

Des sales nouvelles - poème de Louvendja Sincère, gagnante 2023 du Prix Damas- œuvre de Moss Sondy

Dernière mise à jour : 4 juin 2023




N’en déplaise à ma pauvre

dame,

hélas sont-ce nos

poésies machettes!


Soudain,son fredon se

change en un air de

mélancolies

mêlant et versant

Elégie et Tragédie :ô air que

vous n’aimez pas, air haï!

Sur mon épaule gauche

Aïe,

Sa tête couronnée par les

étoiles naissantes :ma muse

endosse cet air de chien

battu,

Sur mon épaule

gauche,

mon épaule gauche,

écoutez

elle me dit le monde

tête-cassée le monde

sanguinolent le monde où les

oiseaux ne volent plus au

firmament où les oiseaux

font table rase et ne refusent

ni la traversée des fusées

ni les balades des fusils errants


Sur mon épaule gauche

Elle chante, raconte, dessine,

montre le monde

Dans toute sa poésie

infectée,

sa poésie pestilentielle,

sa poésie laide,

sa tête sur mon épaule ne

verse plus de traces de rire-

rosé,

que de places sang-arrosé.



Le monde sur mon épaule

gauche se passe

Se trace, s’efface

S’étouffe dans le silence de

Georges Floyd

Le monde tremble, secoue,

se fend

O les dalles de Turquie, de

Syrie

Oui,écoutez ce que sa

tête dit sur mon épaule

gauche

Ô pays-liberté, pays-

indépendance 1804

Les Plaies d’Haïti

raconte la France24

Le blues ce soir est

accordé sur une lyre aux

cordes barbelées

Orphée a

les doigts décapités

En Lybie elle raconte nos

frères enchainés... nos

sœurs aux corps lascifs

violés

Oui.


Sa tête sur mon épaule

gauche

Vous dit

vous lit les cous

cassés,vous chuchote les

côtes brisées et les côtes

inatteignables de la

Méditerranée

Méditer c’est bien mon

ti-christ mais le frigo

Est à l’agonie

Depuis de cela une bonne

centaine

Amen

Alléluia

Perse et verrez jusqu’à

Golgotha


Sa tête sur mon épaule

gauche,

écoutez

Raconte mon frère

Qui par un après-midi de

soleil s’en allant,

Agora était

Fête à ciel

ouvert, rassemblait ses

cinéphiles comme

manmanpoule

amassant ses poussins

sous ses plumes

soyeuses,

son billet sur le

Parking il attendait

Lorsque la cartouche d’Encre

est vidée dans son crâne sans

protection aucune

Elle y est mise en douce

comme une puce Neuralink

Emmène, emmène avec toi

les germes de tes seize balles

années

Tu les planteras et les feras

fleurir de l’autre côté du Nil

à la nuit tombée

Là où le Tartare n’a pas

encore reçu les campements

des Talibans

Ou tu les inhumeras aux

champs Elysées

A la lisière du Nevada si

Brothers Patron ne patrouille

Pas

La Frontera du président

inculpé

Elle avait pris cet air de chien

battu

Elle l’avait pris pour dire

Oui

dire le monde qui va

et vient et danse sa mouise

S’enroule, s’enivre et se

déroule dans sa tragédie

animalière de mille manières

Le monde se passe,se trace

et s’efface dans son dernier

coup de blues

Assassin

«Comme si le monde

entier vivait sa dernière

folie»


- Mais un jour viendra

Jour qui nous purifiera

Et ma muse chérie

Ce jour-d‘amour

Sur mon épaule gauche

tu le chanteras pour le bonheur de

ma pauvre dame!




Le thème du Prix Damas cette année était le vers d'Elie Stephenson: "Comme si le monde entier vivait sa dernière folie", tiré de son recueil Terres mêlées, Ismée ou les oiseaux de lumières.






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