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Ce qui ne revient pas - un poème d'Andrea Leacock-Biclair, Premier Prix du concours de poésie L.G. Damas, 2026.

  • Photo du rédacteur: Cretté Alexandra
    Cretté Alexandra
  • il y a 7 jours
  • 1 min de lecture



Il est parti hier

et le monde a continué comme si rien n’avait été arraché.

Le ciel n’a pas tremblé,

les voitures ont roulé,

les gens ont ri,

et moi, j’ai compris que le nouveau monde commençait là.

Un monde sans lui,

c’est un trou blanc —

pas une lumière,

non,

un vide qui avale tout

et qui ne rend rien.

On m’avait parlé du diable,

de ses flammes,

de ses griffes,

de ses promesses.

Mais personne ne m’avait dit

que le vrai enfer

c’était l’absence.

Hier, son nom avait un poids,

une chaleur,

une voix.

Aujourd’hui, il flotte,

léger comme une cendre

que je n’arrive pas à rattraper.

Je parle dans le vide

comme si le vide pouvait répondre.

Je respire

mais chaque souffle est une trahison —

parce que lui ne respire plus.

Le nouveau monde

n’a pas été créé,

il a été creusé.

Creusé dans ma poitrine,

dans mes jours,

dans les gestes que je ne ferai plus jamais avec lui.

Et derrière moi,

le diable n’a même pas besoin de se retourner.

Il sait déjà

qu’il a gagné quelque chose

que personne ne pourra me rendre.

Alors je marche,

dans ce monde blanchi par l’absence,

où même les souvenirs deviennent dangereux,

où aimer

c’est accepter de tomber

dans ce trou

sans fond.



 
 
 

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