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  • Photo du rédacteurCretté Alexandra

Écrire - un poème collectif à destination du premier congrès du World Poetry Movement-

Dernière mise à jour : 20 juin 2023

Les auteurs de la Revue Oyapock destinent ce poème collectif au premier Congrès du World Poetry Movement de Medellín - Caracas, juillet 2023.


Ont participé à sa rédaction: Émile Boutelier, Jonas Charlecin, Sandie Colas, Alexandra Cretté, James-son Derisier, Rossiny Dorvil, Micheline Dulthéo, Widjmy StVil, , Télumé.








Quand la vie me chatouille

Quand mes maux secouent mes entrailles


J’écris


Mes mots dévoilent des signes


Sur les allées de tôles qui longent le balcon

Les gouttelettes venues du ciel tombent d'aplomb


-Elles enfantent dans la rigole un bel estuaire.

De moi le temps n’en n’a que faire

À la recherche

d'une vue solaire


J'écris pour oublier le temps

l'encapsuler sous les lignes du crayon


Les mots formés par le poids de la vie

se fichent au cœur des tréfonds


J'écris

pour me sentir libre, intimement liée à la vie,

pour accoucher mon chagrin ma rage et ma solitude


Mes mots racontent mille et une histoires

Ils transportent

révoltent

accablent

violentent


Je ne te verrai plus


Je suis sûr

de t'avoir entendu

de loin

dans cette chanson

qui faisait un écho

près de ce baobab d'espoir


J’écris pour rompre avec mon passé

J’écris pour me retrouver


J’écris pour dire que les mots sont la parole qui ne parle pas.


Table rase, feuille, stylo, lunettes…

tout à plat…

Pour goûter malgré tout une cuillerée d'air frais…

J'écris


J’écris pour échapper aux loups de ma réalité

Dans ce tunnel sans fin du désespoir

Enfin une passerelle de mots pour traverser


Devrai-je écrire?

j'écris

pour t'attendre

pour mieux réclamer ta venue


ta présence était sûre


Écrire c'est tenir le monde

tenir le monde comme la paume

d’un enfant

se serre sur un trésor fugace

et comme l’enfant c’est décider

que cette pâquerette-ci

est plus importante

que la vie toute entière


J'écris

pour ma peine

Panser les plaies, même les plus charnelles

Les nappes de brume à hauteur de nuages,

égarent les âmes sans aucune épigraphe


J'écris pour exister

je dévoile mes secrets les plus rouillés

J'épouse ma plume pour faire renaître l'espoir

l'amour et des rêves plein mes yeux


Car les mots expriment mes sentiments,

Les mots disent une infinité d'évidences


Deux barres et deux traits

annonçaient cette venue

Ils sont encore là


- tu ne viendras pas-

tu es restée coincée

dans un paradis de verbes

loin de mon discours

de ma vue



J’écris pour soigner mes plaies

Quand le monde me fout à genoux


Dans le ciel il y a une caravane. Une caravane de nuages

Des nuages qui planent. Au milieu d’une savane. Savane céleste

Sur le côté Est

Du dessus du dos de l’université de Guyane


J’écris…


J'écris

pour effacer

ce beau sourire

que je ne verrai pas


J'écris

comme cet être

privé de lumière


J'écris

Des mots effacés sous les gouttes de sang de mon cœur déchiré

Des mots calcinés par l'envie déraillée

Des mots écervelés

Créant des expressions tordues

Des mots bagarreurs

Des mots envoûtants

Des mots qui s'entremêlent pour pérenniser ma misère

Des mots conçus pour engendrer la haine



Et si demain, je les oubliais

ou que les autorités, les embrasaient

Même à travers, robuste bâillon

et au-delà de tout entendement


Ils se frayeraient un nouveau passage

et laisseraient d'innombrables traces

Pour les prochaines générations,

en héritage ou oraisons


Car

écrire c’est tenir le monde

pour ce qu’il ne veut plus être


c’est prélever des chairs

sur les bitumes sourds de l'oubli,

c’est harponner les grilles voraces de la solitude,

pour paver les chemins de la révolte

de plumes et de couleurs

comme si jamais

la nuit ne pouvait les éteindre


Mettre des mots les uns derrière les autres

Écrire des histoires drôles et dignes


D’elles s'érigerait un nouveau monde

en bois d'amour

blanche colombe


Balle en syllabes

adieu le fer

Coulée de pigments

plutôt que sang


Ainsi

J'écris pour me rappeler des miens,

et faire d'hier un lendemain


J'écris pour respirer l'encre de ma plume

comme l'odeur de la terre mouillée après la pluie


J'écris en voyageant avec mes mots

comme musique fait danser les notes douces du piano.


J'écris pour ne pas être oubliée

Je ne sais plus comment narrer

pour te libérer

de tes saillies


Oh ma belle poétesse


Et je titille les mots pour draguer ton cœur

Quand la vie me fait des yeux doux


Je trace dans l’écume des désirs

le premier rayon du premier chant de l’aube,

et fais couler,

quand débordent les vases

cruels des impuissances et des découragements

la goutte d'après la goutte de trop


Ma rage s'enfonce en moi comme l'épée dans le cœur de l'ennemi

Mes vers décrivent tristesse

La fumée arrête mon souffle



J'écris


Je t'aime

je dénonce

l'ouvrage de l'autre

faisant la belle

privée de la terre

de la brillance des étoiles


j'écris pour ne jamais cesser de t'entendre

J'écris à la vie

Pour ces personnes chosifiées à force de se battre

pour des messages puissants comme des espoirs,

Des émotions fortes tel un tourment extravagant,


écrire c’est tenir le monde

pour ce qu’il ne veut pas encore être


Écrire pour être, pour dire, pour vivre

même après avoir

tiré

sa révérence


et quand tous les rêves seront morts


une ligne, peut-être,

pour irriguer la gorge du phœnix

d’où renaîtront les chants du monde









MissFlora, une œuvre de Flore Vaillant en illustration.


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